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de Jausiers
A savoir sur Jausiers
:
Géographie
La commune de Jausiers, seconde localité de la vallée de
l'Ubaye en nombre d'habitants, occupe un emplacement stratégique à 1250
m d’altitude. Elle se
situe en effet à l'intersection de trois routes : celle venant
d'Italie (par le col de Larche), celle venant du Dauphiné (par le col
de Vars), la route de Nice (par le col de la Bonette), sans compter la
D900, route vers la Haute-Provence.
Elle est à la limite entre la haute et la moyenne vallée de
l’Ubaye. La commune proprement dite se situe sur la D900, au pied du
rocher du Chastel qui porte son clocher.
Le village a une organisation concentrique :
- le cœur du village se compose de l'église, la mairie, une
unique rue piétonne comportant les commerces principaux ;
- autour, diverses zones d'habitations, résidences,
l'ancienne caserne du 11e
bataillon de chasseurs alpins, la gendarmerie, et la Maison des
produits de pays (magasin vendant des produits du terroir) ;
- des quartiers excentrés : les Magnans, au pied du
château de même nom, le Moulin (au sud), Cocody (sur la route de
Restefond, quartiers de petits chalets de bois à louer).
Par ailleurs, un certain nombre de hameaux dépendent du
village :
- Les Sanières : hameaux à l'ouest, au nord de la
D900
- Les Davis, Hauts et Bas, à 1 km à l'ouest près de la D900
- Lans-en-Ubaye : vieux hameau d'altitude, sur la
route de Restefond, au sud-est du village, vers 1400 mètres d'altitude,
où vivent une cinquantaine d'habitants.
- L'Ubac : village abandonné depuis une trentaine
d'années à l'est, dans le vallon des Sagnes. Situé dans une belle forêt
de résineux appelé le "Grand Bois"
Jausiers est traversé par l'Ubaye, une rivière de 70 km qui
prend sa source au col du Longet. Plusieurs torrents se jettent en elle
sur le territoire de la commune :
- le torrent d'Abriès, appelé plus couramment Torrent des
Sagnes
- le torrent de Terre Plaine
- le torrent des Sanières
Le village est aux pieds de deux montagnes : Pointe
Fine (environ 2551 mètres) et Cuguret (environ 3000 mètres. Un peu plus
loin, sur la route de Restefond, on trouve la Croix de l'Alpe, le
Gerbier (reconnaissable à son sommet carré), l'Empeloutier (somment
arrondi) et le Jas du Chamois (sommet vaguement rectangulaire). Le col
de Restefond est à 2692 m d’altitude. Autre sommet : la Tête de Siguret (3032 m).
Histoire
Des traces d’occupation de l’Âge
du Fer (sépultures) ont été retrouvées au XIXe siècle.
Rattaché à la France en 1713 par le traité d'Utrecht, en même
temps que la vallée d’Ubaye. Le village vivait en partie de l’industrie
de la soie, du XVIe au XIXe siècle Durant la
Révolution, la commune compte une société patriotique, créée après la
fin de 1792. Le hameau de
Lans a été pillé durant les guerres
de la Révolution par un escadron hongrois de l'armée
autrichienne.
Depuis 1995, Jausiers est jumelée avec Arnaudville, en
Louisiane, fondé au début du XIXe siècle par les
frères Arnaud de Jausiers.
Toponymie
La localité apparaît pour la première fois dans les textes
vers 1151-1152 (in Gauserio). Son nom serait tiré
d’un nom propre germanique, Gauzerius.
Architecture civile et
fonctionnelle
- Moulin des Abriès (moulin à eau reconstitué en état de
marche, se visite l'été, vente de farine) ;
- ancienne filature de soie, route de Saint-Paul-sur-Ubaye[10].
Sur la place de l’église, une maison date de 1748. Dans la
Grand-Rue, une maison est datée de 1784, et voisine avec des
constructions de style roman, mais probablement du XVIIe siècle[11].
La fontaine des Sanières, avec un bassin de forme ovale, date
de 1793[12]. Une autre
date de 1808[13].
Villas des Mexicains
La commune compte plusieurs villas
« mexicaines », construites par des habitants ayant
fait fortune au Mexique au XIXe et au début du XXe siècle,
dont :
- le château des Magnans : construit entre 1903 et
1913, ce manoir a une architecture gothique de fantaisie, inspirée de
celle du château de Neuschwanstein, construit en Bavière par Louis II
de Wittelsbach, mais aussi aux chateaux toscans tel que le château de
Vicchiomaggio. Il est orné d’un dessus-de-porte
en bas-relief de Clodion, représentant un cortège de bacchantes et un
vitrail de Louis Balmet.
Il est inscrit aux monuments historiques ;
- la villa de la Sapinière, de style classique, est en bel
appareil à refends ; elle est dotée d’un porche soutenu par
des colonnes ornées de rosaces ;
- la villa Campecina, aux formes épurées, construite en 1912 ;
- la villa Javelly, construite en 1913, encadrée de deux
tours, de style composite (Art nouveau, art
pittoresque et italianisant) ;
- la villa Laugier, construite en 1892, dont le décor date de
1904 : elle est un précédée d’un porche dorique, sous le
balcon. Le décor de peintures murales s’étend dans toutes les pièces
intérieures, mais aussi à l’extérieur, orné de trompe-l'œil.
Architecture
militaire
Deux éléments appartiennent au système Séré de Rivières :
- la batterie de Cuguret (type Séré de Rivières), est
construite en 1884-1886, puis complétée par un poste optique (1889) et
d’une caserne (1891). L’enceinte est rectangulaire, avec des tenailles à l’avant, et précédée
d’un fossé, doté de caponnières bétonnées. La port est défendue par un
pont-levis. Le logement est assuré par des casemates voûtées.
L’artillerie était placée sur un terre-plein[19] ;
- la caserne de Restefond est construite en 1901-1906 à 2793
m d’altitude[20]. Elle
comprend quatre bâtiments défensifs et de logement, construits autour
d’une cour centrale, et sept bâtiments utilitaires (écuries, pavillon
des officiers, infirmerie, cuisine) construits en 1912-1913, plus
quelques bâtiments provisoires. Les murs extérieurs des bâtiments sont
crénelés et renforcés de bastionnets[21].
La Ligne Maginot des Alpes a laissé plusieurs éléments, dont
certains ont participé victorieusement à l’arrêt de l’offensive
italienne en 1940 :
- l’ouvrage mixte de Restefond,
construit de 1931 à 1935 et de 1936 à 1939[22] ;
- l’ouvrage mixte des Granges
Communes, en appui du précédent, pour abriter de
l’infanterie. Construit en 1940, il est complété en 1956-1957;
- un point d’appui aux Sagnes, inachevé, commencé alors qu’un
ouvrage fortifié était prévu. Il ne comporte que deux tourelles de
mitrailleuses.
Art religieux
[modifier]
L’église paroissiale Saint-Nicolas-de-Myrrhe, datée du XVIIe siècle (selon
Raymond Collier) ou du siècle suivant (selon les Monuments
historiques), de style classique, est classée monument historique. Elle est
longue de 26 m, large de 18 m. Sa nef est formée de quatre travées et
haute de 18 m ; dans chaque travée, s’ouvrent deux chapelles
(nord et sud). La naissance de la voûte est ornée d’une frise de
denticules et de rinceaux. Les chapiteaux sont d’ordre corinthien. Le
chœur est voûté d’arêtes rayonnantes. La façade occidentale est
d’aspect monumental, notamment avec le fronton triangulaire et la porte
ornée de rinceaux, de rosaces, de tores de laurier. Elle possède
deux cadrans qui encadrent le portail et la niche contenant la statue
de saint Nicolas, datant du XVIIIe siècle et restaurés
en 1993.
Elle comporte neuf autels, avec neuf retables, datables du XVIIe au XIXe siècles :
- le maître autel est en marbre sculpté, avec notamment une
statue de saint Nicolas de Myre encadrée de prêtres, une Nativité
pastorale, peinte au XVIIIe siècle, des statues de saint
Pierre et saint Paul ;
- les autels des chapelles ont des retables également
sculptés :
- du côté nord, de l’entrée vers le chœur :
sainte Anne, peinture du XVIIIe siècle ;
autel en bois du XIXe, et sculpture de saint
Antoine l'Ermite ; autel en bois peint et doré, du début du XIXe, avec une Vierge à
l’Enfant, accompagnée des saints Jacques, Laurent sur le
gril ; autel gothique du XIXe siècle, orné d’un
tableau de Saint-Jean-Baptiste (1605) ;
- du côté sud : autel en bois peint et doré,
orné de rinceaux, avec une Donation du rosaire ;
autel en bois doré et peint, composite (XVIIe-XIXe), avec un tableau rassemblant
les Âmes du Purgatoire, la Vierge à l’Enfant et saint Joseph à la fleur
de lys ; autel en bois peint, du XIXe siècle, avec une Annonciation ;
le dernier autel, en pierre sculptée, est orné d’un saint Blaise (XVIIe siècle),
reconnaissable à l’ange qui lui présente un peigne à carder.
La chaire, en bois est soutenue par un ange et ornée de
rinceaux.
L’église (autrefois paroissiale) des Sanières, placée sous le
vocable de Saint-Sébastien, est construite en 1832.
Art funéraire
Le cimetière contient plusieurs tombeaux ornés par un artiste
anonyme.
Musées
- Musée de l'Eau
- Musée de la vallée.
Espaces naturels
- Le Plan d'eau, espace de loisirs et de baignade, accrobranche pour enfants
et pré-adolescents.
- Vallon du Pis (route de Restefond, au pied du Jas du
Chamois). Belle cascade. De là, on peut atteindre un promontoire -La
Sea- dominant Jausiers, reconnaissable grâce à sa forme en encoche et à
sa croix de La Sea. Il faut compter environ 30 minutes de marche en
partant de la route.
- Lac, cascades et vallon de Terres Pleines (=riches,
fertiles).
- Alpages des Prés Hauts (départ : Lans)
- Massif de Pointe Fine
- Tour des Sagnes (montagne en forme de tour, dans le vallon
du même nom. Environ 2h de marche pour un randonneur moyen, en passant
par le "Grand Bois", mais accès possible en voiture l'été)
Cadrans solaires
divers
Sur l’ancienne caserne, un cadran solaire date du XVIIIe siècle, sans
légende ; sur la maison Caire, le cadran datait de 1739, mais
a disparu ; sur la maison Bosc, le cadran, représentant un paon
(symbole d’immortalité) peint sur une ardoise, date de 1842, avec la
devise « Ibit homo in domum aeternitatis suae »,
(en latin l’homme ira dans la demeure de son éternité).
Aux Sanières, les cadrans sont tous exceptionnels :
- un datant du XVIIIe siècle, restauré en
1993 ;
- celui de la maison Graugnard, qui date de 1821, est
représenté sous un rideau de théâtre peint ;
- le plus récent date de 1995, et porte la devise « Je
ne compte que les heures heureuses ».
Aux Mathis, un cadran date de 1739.
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